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| Cyril Herry dans "Science" du 4 septembre 2009 | |||
| pas d'effacement de la trace mnésique chez le rongeur adulte... | |||
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Perineuronal nets protect fear memories from erasure. Gogolla N, Caroni P, Lüthi A, Herry C. Science. 2009 Sep 4;325(5945):1214-5. Cyril Herry est en poste aujourd'hui chez Olivier Manzoni et fut entre 2003 et 2008 "Postdoctoral Research Assistant" dans le laboratoire du Professeur Andréas Lüthi, au Friedrich Miescher Institute à Bâle ( Suisse) Cyril Herry vous êtes arrivé au Neurocentre Magendie il y a un peu plus de six mois , dans quelles conditions ? Cyril Herry Je suis arrivé au Neurocentre Magendie début décembre 2008 à la suite de l’obtention d’un poste INSERM de type «Jeunes chercheurs confirmés, 3 ans + 2ans renouvelables » ce qui correspond à une Tenure track position. Depuis ma thèse je m’intéresse à l’identification des circuits neuronaux impliqués au cours des apprentissages associatifs de type aversif, en particulier au cours du conditionnement auditif de peur et de l’extinction de la peur conditionnée. Mon stage postdoctoral visait l’identification des circuits neuronaux amygdaliens spécifiquement impliqués au cours de l’acquisition de l’extinction. Le projet de recherche que je développe dans le laboratoire d’Olivier concerne quand à lui l’identification des circuits neuronaux préfrontaux sélectivement impliqués dans l’expression et l’inhibition des réponses conditionnées de peur. Et à plus long terme dans quelles directions envisagez vous vos recherches? A long terme, mon projet de recherche concerne l’étude des circuits neuronaux impliqués au cours des apprentissages associatifs non seulement dans le domaine aversif, mais également dans le domaine appétitif et au cours de l’addiction, avec notamment la question de savoir si ces différents types d’apprentissages associatifs reposent sur des circuits neuronaux identiques, partiellement similaires ou bien totalement différents. Une étape importante de ce vaste projet concerne le domaine de l’addiction et j’intégrerai dés l’année prochaine l’équipe de Pier Vicenzo Piazza au sein de laquelle mon projet concernera notamment le développement d’enregistrements électrophysiologiques unitaires multisites (amygdale, cortex préfrontal, noyau accumbens….) dans le cadre du modèle animal de l’addiction développé par cette équipe. |
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| Au cours du conditionnement de peur les animaux apprennent qu’un stimulus auditif est associé à un choc électrique délivré aux pattes de l’animal alors qu’au cours de l’extinction de la peur conditionnées ces animaux apprennent que ce même son n’est plus associé à la présentation du choc électrique. L’acquisition et la consolidation de ces deux apprentissages reposent sur un vaste réseau de structures cérébrales incluant notamment l’amygdale et le cortex préfrontal médian. | |||
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| Ci dessous Cyril Herry nous présente son article d'aujourd'hui dans "Science" ainsi que l'historique des recherches concernant les troubles anxieux... | ||||
| Que sait-on des troubles anxieux ? Cyril Herry Les troubles anxieux ont une prévalence d’environ 18 % au sein de la population mondiale et représentent un investissement financier important pour nos sociétés. Un des facteurs important de rechute à la suite de traitements thérapeutiques de ces troubles est la réapparition au cours du temps des symptômes originaux. Ainsi, une question essentielle et de comprendre les structures et les mécanismes neuronaux impliqués dans cette récupération spontanée des réponses traumatiques. Conditionnement de peur et procédure d'extinction.... La peur est une émotion qui peut être facilement modélisée chez le rongeur par l’utilisation du conditionnement auditif de peur qui consiste à associer un stimulus sonore à un choc électrique léger délivré aux pattes de l’animal. A la suite du conditionnement, la présentation du son seul induit un ensemble de réponses conditionnées incluant une réponse d’immobilisation (le freezing) qui est un indice de la peur de l’animal et qui de plus, est facilement quantifiable. Au cours du conditionnement, les animaux apprennent que le son est prédictif de l’occurrence du choc électrique. Les réponses conditionnées de peur peuvent être activement inhibées au cours d’une procédure d’extinction qui consiste, à la suite du conditionnement de peur, en la présentation répétée du son, mais cette fois ci, sans conséquences aversives. Au cours de cette procédure les animaux apprennent que le son n’est plus associé au choc électrique, ce qui se traduit d’un point de vue comportemental par une réduction progressive des réponses conditionnées de peur. Des résultats très différents chez le rongeur l'adulte et le juvénile... De nombreuses données suggèrent que chez l’adulte, l’extinction de la peur conditionnée représente un nouvel apprentissage plutôt qu’une destruction du conditionnement de peur original. Ainsi, à la suite de la procédure d’extinction, le simple passage du temps ou bien un changement de contexte dans lequel les animaux sont testés induit une récupération des réponses conditionnées lors de la présentation du stimulus sonore. Ceci suggère que l’extinction n’a pas eu pour conséquences un effacement de la trace mnésique de peur. Il a été démontré que chez les animaux juvéniles, l’extinction de la peur conditionnée repose sur des mécanismes différents de chez l’adulte puisque cette procédure comportementale n’induit pas de récupération spontanée des réponses conditionnées mais plutôt un effacement de la trace mnésique originale. Ces données suggèrent qu’il existe une régulation neurodéveloppementale de l’extinction de la peur conditionnée et pose la question des mécanismes neuronaux sous jacents. Dans cette étude nous avons premièrement mis en évidence que les changements des mécanismes d’extinction au cours du développement (effacement versus inhibition temporaire des réponses conditionnées) coïncident avec le développement des réseaux périneuronaux dans l’amygdale des rongeurs, une structure cérébrale du lobe temporal médian largement impliquée dans les processus émotionnels. Ces réseaux périneuronaux font partie de la matrice extracellulaire et sont composés principalement de protéoglycanes et ils ont la particularité de se former autour de certains types neuronaux, principalement des interneurones GABAergiques inhibiteurs exprimant la parvalbumine. Nous avons constaté que 16 jours après la naissance des souris, à un moment ou les réseaux périneuronaux ne sont pas encore développés dans l’amygdale, l’extinction de la peur conditionnée est associée à une destruction de la trace mnésique de peur. Au contraire, 23 jours après la naissance, ces réseaux périneuronaux sont largement développés dans cette structure cérébrale, et cette fois ci l’extinction n’entraine pas d’effacement de la trace mnésique de peur mais une inhibition temporaire des réponses conditionnées. Ces données suggèrent que chez l’adulte, la trace mnésique acquise à la suite du conditionnement de peur est activement protégée de l’effacement au cours de la procédure d’extinction et que cette protection est assurée par ces réseaux périneuronaux amygdaliens. Afin de valider cette dernière hypothèse, nous avons détruit ces réseaux périneuronaux par une injection intraamygdalienne d’une enzyme, la chondroïtinase chez des animaux adultes. A la suite de cette procédure, les animaux ont été soumis à une procédure de conditionnement auditif puis à la procédure d’extinction. Nos animaux ont ensuite été testés 7 et 28 jours plus tard. Chez les animaux injectés avec de la chondroïtinase, nous avons observé que l’extinction de la peur conditionnée était associée à un phénotype similaire aux animaux juvéniles, c'est-à-dire avec une absence de récupération spontanée des réponses conditionnées de peur à court et à long terme. Des expériences contrôles nous ont permis de montrer que cette absence de récupération spontanée des réponses conditionnées n’était pas due à une facilitation de l’extinction, un déficit de consolidation ou de reconsolidation de la trace mnésique de peur, mais plutôt à une destruction de l’apprentissage original liant la présentation sonore avec l’occurrence du choc électrique. Il existe plusieurs hypothèses permettant d’expliquer les mécanismes par lesquels la dégradation des réseaux périneuronaux induit un effacement de la trace mnésique de peur. Les mémoires de peur sont acquises et stockées, du moins en partie, par une facilitation des afférences du noyau latéral et basal de l’amygdale au cours de l’apprentissage et ce, par le biais d’une potentialisation à long terme dépendante des récepteurs NMDA. Ainsi, un mécanisme possible pourrait être que les réseaux périneuronaux préviennent l’effacement de la trace mnésique de peur en rendant les synapses potentialisés résistante à une depotentialisation. D’autres mécanismes pourraient également impliquer des changements de l’inhibition locale GABAergique puisque les réseaux périneuronaux se forment autour des interneurons GABAergiques exprimant la parvalbumine et que l’inhibition GABAergique régule différentes formes de plasticité dans l’amygdale basolatérale. D’autres travaux seront nécessaires pour identifier clairement les mécanismes mis en jeux. Les principaux messages de ces travaux sont que premièrement, la présence des réseaux périneuronaux chez l’adulte permet la formation d’une trace mnésique de peur résistante à l’effacement au cours de l’extinction et, deuxièmement, que nous avons identifié pour la première fois un mécanisme moléculaire permettant de clore une période postnatale critique durant laquelle les mémoires traumatiques peuvent être effacées au cours de l’extinction. Chez les patients souffrant de troubles anxieux et de syndrome de stress post-traumatique, un des facteurs important de rechute à la suite des traitements thérapeutiques est la récupération spontanée des réponses de peur. Nos travaux ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques afin de prévenir le développement de peur pathologiques résistantes à l’extinction. Cyril Herry Neurocentre Magendie le 8 septembre 2009 Propos recueillis par Yves Deris Sept 2009 |
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| Cyril Herry et ses publications | Des traumatismes psychologiques très précoces marqueraient l'amygdale et le circuit de la peur pendant la maturation du cerveau. Ces perturbations seraient permanentes (Ledoux 98). L'activation de l'amygdale (imagerie fonctionnelle) serait exagérée chez les sujets anxieux (Thomas et al, 2001).Une lésion des amygdales provoque une absence de la reconnaissance de la peur. Les jugements sociaux sont alors impossibles (Damasio). |
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