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    Identification de nouveaux circuits neuronaux contrôlant les effets excitateurs de la morphine sur les neurones dopaminergiques....
   
 

Neuronal circuits underlying acute morphine action on dopamine neurons.
Jalabert M, Bourdy R, Courtin J, Veinante P, Manzoni OJ, Barrot M, Georges F.
Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 Sep 19.

    Dopamine er recepteurs
   

Cette étude est le résultat d'une collaboration entre deux équipes CNRS, le groupe de Michel Barrot à Strasbourg (INCI CNRS UPR 3212) et notre équipe à Bordeaux (UMR CNRS 5297). Cette collaboration entre des neuroanatomistes (Strasbourg) et des électrophysiologistes (Bordeaux), nous à permis d'identifier de nouveaux circuits neuronaux contrôlant les effets excitateurs de la morphine sur les neurones dopaminergiques. Ce travail constitue le cœur de la thése de Marion Jalabert (soutenance le 24 novembre 2011).

M Jalabert & F Georges François GEORGES est chargé de recherche dans l'équipe de Laurent Groc "Développement et adaptation des circuits neuronaux" au sein de l'Institut Institut interdisciplinaire de Neurosciences CNRS UMR 5297 dirigé par Daniel Choquet.
Marion JALABERT est doctorante dans cette équipe .
Abstract
Morphine is a highly potent analgesic with high addictive potential in specific contexts. Although dopamine neurons of the ventral tegmental area (VTA) are widely believed to play an essential role in the development of drug addiction, neuronal circuits underlying morphine action on dopamine neurons have not been fully elucidated. Here we combined in vivo electrophysiology, tract-tracing experiments, and targeted neuronal inactivation to dissect a neural circuit for acute morphine action on dopamine neurons in rats. We found that in vivo, morphine targets the GABAergic tail of the VTA, also called the rostromedial tegmental nucleus, to increase the firing of dopamine neurons through the activation of VTA μ opioid receptors expressed on tail of the VTA/rostromedial tegmental nucleus efferents. Our data also reveal that in the absence of VTA glutamatergic tone, there is no morphine-induced activation of dopamine neurons. These results define the anatomical organization and functional role of a neural circuit for acute morphine action on dopamine neurons.
 

François Georges, quel est le processus d'action des drogues et en particulier celui de la dopamine ?

Bien qu'elles agissent différemment au niveau moléculaire, plusieurs catégories de drogues d'abus (cocaïne, morphine, amphétamine, cannabis….), possèdent le même effet sur les circuits neuronaux de la récompense : une libération massive de dopamine.
Cette dopamine libérée suite à une récompense naturelle (nourriture, boisson sucrée..) ou bien à une récompense pharmacologique (drogues d'abus), est produite par les neurones dopaminergiques de l'aire tegmentale ventrale (VTA). La morphine est un puissant analgésique possédant une forte composante addictive.
Cependant l'addiction à la morphine est dépendante du contexte dans lequel elle est consommée. Par exemple, lorsque la morphine est administrée en tant qu'analgésique dans un contexte médical, elle ne conduit que très rarement à des conduites addictives. En 1992, S. Johnson et R. North, de l'université d'Oregon à Portland, ont proposé que la morphine activait les neurones dopaminergiques de façon indirecte en diminuant l'activité d'une population de neurones inhibiteurs de la VTA.


Dans notre étude publiée prochainement dans PNAS, nous avons revisitée cette hypothèse, au vu des données récentes de la littérature. Nous avons en particulier collaboré pour cette étude avec le groupe de Michel Barrot, à Strasbourg, qui à découvert en 2009 une nouvelle structure cérébrale exerçant un frein inhibiteur puissant sur les neurones dopaminergiques. Il s'agit de la queue de la VTA (tVTA) appelée aussi noyau tegmental rostromédial (RMTg). Cependant, aucune étude n'a rapporté l'implication de la tVTA/RMTg dans les effets excitateurs de la morphine sur les neurones à dopamine.

L'activité des neurones dopaminergiques est également contrôlée par la transmission glutamatergique. Il a été montré par des études de comportements l'implication des récepteurs au glutamate de la VTA dans la prise volontaire de morphine chez le rat. Toutefois, l'implication de la transmission glutamatergique au niveau de la VTA dans les effets excitateurs de la morphine sur les neurones dopaminergique n'a jamais été étudiée. Nous avons combiné des approches de neuroanatomie (traçage neuronal associé à la détection immunohistochimique des récepteurs opioïde µ), de pharmacologie (inactivation de la tVTA/RMTg) et d'électrophysiologie in vivo pour identifier les cibles moléculaires et anatomiques permettant l'effet excitateur de la morphine sur les neurones dopaminergiques.

Nous avons confirmé par l'inactivation de la tVTA/RMTg que la VTA est sous contrôle GABAergique provenant de la tVTA/RMTg. Nous avons observé, en utilisant des traceurs rétro- et antérogrades, que les neurones GABA de la tVTA/RMTg projetant à la VTA possèdent des récepteurs µ au niveau de leurs axones et de leur corps cellulaire. Grâce à l'éjection intra-VTA d'antagonistes glutamatergiques (CNQX et AP5) suivi par l'administration systémique de morphine, nous avons montré que la transmission glutamatergique au sein de la VTA est également cruciale pour les effets excitateurs de la morphine sur les neurones dopaminergique de la VTA.

Notre étude montre que la morphine excite les neurones dopaminergiques par une action concertée sur les La transmission GABAergique issue des neurones de la tVTA/RMTg et sur la transmission glutamatergique de la VTA. Ainsi, l'effet excitateur de la morphine sur l'activité des neurones dopaminergique dépendra de l'influence de la balance inhibition / excitation sur les neurones dopaminergiques. Sachant que plusieurs conditions influencent cette balance inhibition/excitation (prise de drogues, stress, contexte..), on peut penser qu'en fonction de l'expérience individuelle, les propriété addictives de la morphine seront plus ou moins importantes.

Représentation schématique des circuits neuronaux contrôlant les effets excitateurs de la morphine sur les neurones dopaminergiques. La morphine active les neurones dopaminergiques en ciblant les récepteurs µ au niveau des afférences inhibitrices de la tVTA/RMTg et en modifiant la balance GABA/glutamate de la VTA. Le phénotype dopaminergiques des neurones enregistrés in vivo a été confirmé par un marquage juxtacellulaire à la neurobiotine couplé à une immunohistochimie de la tyrosine hydroxylase (TH).
  Merci à François Georges et Marion Jalabert , pour Bordeaux Neurosciences Septembre 2011

 

  Com FBN Yves Deris 23/9/2011