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....tous ceux qui ont été amenés à juger et corriger mon article (collègues français et étrangers, "reviewers", éditeur) ont été très positifs à l'égard de ma critique. Il s'agit donc d'une démarche scientifique collective répondant à une attente que je voudrais préciser ici. C'est le jeu naturel de la science que de proposer des hypothèses. La tendance des scientifiques est de laisser le temps faire la sélection: une hypothèse faible disparaît naturellement lorsqu'une plus pertinente la remplace. Cependant, lorsqu'une hypothèse faible est érigée en fait établi et lorsque cette hypothèse est utilisée pour justifier des pratiques médicales, il est nécessaire de démolir scientifiquement ce dogme pour deux raisons. Premièrement, il contrarie l'affectation de ressources humaines et financières à la recherche d'hypothèses alternatives. Deuxièmement, il fausse l'appréciation des observations médicales selon les règles de la "médecine par les faits." A partir de mon expérience, j'encourage donc mes collègues biologistes à oser critiquer publiquement les hypothèses faibles lorsqu'elles ont des implications médicales ou sociétales. Nous sommes responsables vis-à-vis de la société de ce que nous disons et, tout autant, de ce que nous savons et ne disons pas !
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Contexte social et politique à l'étranger et en France. Le numéro du Guardian du 24 septembre 2008 se fait l'écho d'une nouvelle directive issue du National Institute for Health and Clinical Excellence (UK) concernant le TDAH (ADHD en anglais). Cette directive recommande de limiter l'usage des psychostimulants au traitement des patients les plus gravement atteints et déconseille formellement leur usage pour les enfants de moins de 5 ans. Il déconseille également un dépistage systématique de l'ADHD en particulier chez les enfants En France, le pourcentage d'enfants traités avec des psychostimulants reste encore faible tout en étant en forte croissance. Cependant, le TDAH est devenu l'objet d'un vif débat de société à la suite de la publication en 2005 par l'INSERM d'un rapport sur "Le trouble des conduites chez l'enfant et l'adolescent". Ce rapport a suscité une vive émotion car il recommandait un dépistage des enfants à 3 ans dans le but de diminuer le risque de délinquance à l'adolescence. Ce rapport souligne que, dans la littérature internationale, ce trouble est rarement étudié en tant qu'entité indépendante. Il apparaît surtout comme associé à d'autres troubles et, tout particulièrement, avec le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH, ADHD en anglais)... |
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...Le rapport de l'INSERM s'appuie sur "certaines études épidémiologiques qui soulignent une continuité entre le TDAH de l'enfance et le trouble des conduites à l'adolescence." Sur cette base, il utilise largement l'abondante littérature concernant le TDAH pour élaborer ses réflexions et ses recommandations concernant la prévention du trouble des conduites. Dans ce rapport, l'hypothèse d'un déficit de dopamine chez les patients souffrant du TDAH est considérée comme un fait établi.
Résumé de l'article dans Trends in Neurosciences
Le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH, ADHD en anglais) est considéré, dans la littérature scientifique internationale, comme le trouble neuro-psychiatrique le plus répandu chez l'enfant. Aux USA la prévalence serait de 7 à 9 %. La plupart des textes récents - articles de synthèse, sites "Web" en français ou en anglais, livres écrits pour le grand public - affirment qu'un déficit de dopamine d'origine principalement génétique est à l'origine du TDAH. De fait, les psychostimulants comme la Ritaline augmentent le niveau de dopamine extracellulaire dans le cerveau et améliorent les capacités d'attention des enfants souffrant du TDAH.
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Cependant, je critique cette hypothèse d'un déficit de dopamine dans un article publié dans la revue "Trends in Neuroscience". L'analyse des articles scientifiques montre que les psychostimulants améliorent l'attention également chez les sujets sains et que les preuves biochimiques, génétiques, pharmacologiques et d'imagerie cérébrales sont trop faibles pour considérer l'hypothèse dopaminergique du TDAH comme un fait établi. Les études à long terme des enfants souffrant du TDAH soulignent qu'ils font de moins bonnes études et présentent un risque plus élevé de délinquance et de toxicomanie à l'adolescence. Cependant, les articles les plus récents analysés, montrent sans ambiguïté que le traitement par les psychostimulants n'améliore pas le devenir à long terme de ces enfants. L'hypothèse dopaminergique du TDAH doit donc être critiquée non seulement en raison du manque de preuve mais aussi parce qu'elle sert trop souvent de caution scientifique pour privilégier le traitement par les psychostimulants au détriment d'autres approches. |