![]() |
|
First Symposium "The Biology of Decision Making" Bordeaux University, June 9 – 10 2009 |
|
| Un processus biologique fondamental... | |
Avec la vie apparaît le choix et donc la prise de décision . La prise de décision est un processus biologique fondamental. Tous les êtres vivants, mobiles ou non, prennent des décisions aux conséquences souvent décisives – c’est le cas de le dire – pour leur aptitude à survivre et à se reproduire. Par exemple, chez l’amibe (Dictyostelium discoideum), John Bonner a décrit des processus décisionnels, individuels et collectifs, relativement complexes pour la simplicité génétique, développementale et organisationnelle de l’eucaryote unicellulaire en question. On peut multiplier les exemples avec des organismes unicellulaires encore plus simples, tels que certains procaryotes. Le cerveau n’est donc pas essentiel à la prise de décision. Toutefois, chez les espèces à cerveau, y compris les insectes avec leur proto-cerveau, la prise de décision devient plus rapide, plus efficiente et plus complexe, même si elle reste « imparfaite » à bien des égards, comme nous le verrons tout au long du symposium. Chez les humains, la décision devient plus complexe encore et surtout plus abstraite. Cette évolution cognitive divergente est associée à une expansion sans précédent des régions préfrontales du cerveau dont les dysfonctions, souvent d’origine épigénétique, seraient responsables d’un grand nombre de désordres comportementaux (par exemple, troubles obsessionnels compulsifs ; addictions). |
|
![]() |
Institut de Neurosciences de Bordeaux Thomas Boraud, Serge Ahmed, quels sont les objectifs de ce symposium sur le thème de la biologie de la prise de décision ? Et, historiquement, depuis quand s’intéresse-t-on aux processus de prise de décision ? |
||
Serge Ahmed L’objectif du symposium est double : a) présenter un domaine de recherche très actif et en pleine expansion qui a des ramifications dans de nombreux secteurs de la biologie et bien au-delà (e.g., économie ; psychologie ; robotique) ; b) identifier les grands enjeux dans le domaine de la biologie de la prise de décision pour la recherche future. Historiquement, l’intérêt pour la prise de décision est ancien et intimement lié à la notion de volonté et de libre arbitre, ce qui explique pourquoi son étude est restée pendant très longtemps cantonnée à l’Homme – seule espèce rationnelle et libre d’agir. Rappelons rapidement que la théorie statistique de la décision – très influente en économie et qui formalise mathématiquement notre conception de la rationalité humaine – a été formalisée au début du XXème siècle et n’a pas cessé de se perfectionner depuis. On applique littéralement et systématiquement la notion de prise de décision chez l’animal depuis seulement une trentaine d’années. Il a fallu pour cela attendre le lent déclin du concept cartésien d’animal-machine, l’avènement de la révolution cognitive (qui a supplanté le béhaviorisme) et l’émergence de deux nouvelles disciplines apparentées – l’écologie comportementale et l’économie comportementale à l’interface entre l’éthologie, l’écologie, l’économie et la psychologie expérimentale. De manière paradoxale, l’apport de ces nouvelles disciplines a surtout été de démontrer qu’Homo sapiens sapiens, comme la plupart des autres espèces animales étudiées, s’écarte dans ses décisions de la rationalité plus souvent qu’il ne s’en approche. Dans ce bref aperçu historique, les neurosciences n’entrent en scène que très récemment mais de manière extrêmement créative et productive. En quelques années seulement, notre connaissance des processus neurobiologiques sous-tendant la prise de décision a littéralement explosé et a même donné naissance à la neuroéconomie – une nouvelle discipline qui s’intéresse plus spécifiquement aux choix économiques mais dont les apports ont une portée neurobiologique plus générale. Cela va de l’identification des différentes régions corticales et sous-corticales impliquées aux modèles neurocomputationnels de la prise de décision, en passant par les mécanismes neurophysiologique et neurochimique sous-jacents. |
Thomas Boraud Je suis d'accord avec Serge ;-). Plus sérieusement, l'élargissement de cette problématique au champ des neurosciences est lié à l'émergence d'une culture multidisciplinaire orientée vers les mathématiques et la physique chez certains neurophysiologistes notamment ceux travaillant in vivo sur les fonctions motrices et sensorielles. Cette révolution "neurocomputationnelle" qui commence dans les années 80 a été rendue possible grâce à plusieurs facteurs combinés, parmi lesquels l'apparition de la micro informatique qui a permis le développement de la modélisation des processus neuronaux, la complexification croissante des systèmes d'enregistrements et le développement de l'IRM fonctionnelle ont joué un rôle prépondérant. Les mathématiques étant un langage universel, cette mise en équation des processus neuronaux étudiés a permis aux neurophysiologistes de dialoguer plus facilement avec des chercheurs issus des domaines de la psychophysique, de la microéconomie et de l'ingénierie robotique. C'est de ce dialogue qu'a émergé la neuroéconomie avec comme question centrale les mécanismes neuronaux de la prise de décision. Il s'agit donc d'une problématique hautement pluridisciplinaire et c'est cette pluridisciplinarité que nous voulons également mettre en avant avec ce symposium. |
||
![]() |
INB Serge Ahmed Thomas Boraud |
||
![]() |
En quoi les processus biologiques de prise de décision peuvent-ils intéresser les chercheurs en intelligence artificielle ? Est que l’un influence l’autre ? Serge Ahmed Thomas Boraud |
||
![]() |
La crise financière d’aujourd’hui, les erreurs qui semblent avoir été commises… est-ce un terreau fertile en rapport avec votre symposium ? Serge Ahmed Thomas Boraud |
||
| Com INB Yves Deris 4 juin 2009 | |||
| PROGRAM AND ABSTRACT click here ! | ||||