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Marlène Maitre vous travaillez avec la technique de microdissection laser, rappelez nous ses avantages par rapport aux techniques classiques ?
Marlène Maitre
Les techniques classiques sont dites manuelles, il s'agit le plus souvent de macrodissection plutôt que de microdissection. A l'aide d'une loupe binoculaire ou d'un microscope et d'une pointe de microdissection (pointe effilée, pipette pasteur), il est possible de sélectionner une région d'intérêt sur un prélèvement tissulaire. Ces techniques restent très limitées par la dextérité de l'opérateur et par les risques de contamination. La microdissection laser s'affranchit de ces limites et permet des analyses encore plus ciblées. Mise en place il y a un peu plus de 10 ans, la microdissection laser répond d'une part au besoin de pureté de l'échantillon analysé et d'autre part grâce à son automatisation, elle permet une grande reproductibilité entre les échantillons. De plus, la technique de microdissection laser est si fine qu'il possible d'isoler une cellule, voir même dans certain cas d'isoler un chromosome.
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Pouvez vous nous décrire la LPMC (Laser Microdissection and Pressure Catapulting) ?
Marlène Maitre La microdissection laser permet sous contrôle de la vue et de l'expertise de l'histologiste, de sélectionner une population ou une région cellulaire d'intérêt sur tous les types de prélèvement tissulaire. Elle permet ainsi de s'affranchir de l'hétérogénéité cellulaire. Selon les modèles, un microdissecteur laser se caractérise par un microscope (droit ou inversé) couplé à un faisceau laser piloté par logiciel. Il existe sur le marché 4 grands systèmes de microdissection.
Nous possédons le système LMPC commercialisé par la société Zeiss (Fig 1 microdissecteur Laser Zeiss). Il est constitué d'un microscope inversé associé à un laser UV diode. Le principe est le suivant : la coupe histologique de l'échantillon est déposée sur une lame de verre spécialement conçue pour la microdissection. Sous contrôle optique, à différents grossissements, une ou plusieurs cellules ou région cellulaire bien caractérisées peuvent être virtuellement sélectionnées sur l'écran de l'ordinateur grâce à une assistance graphique. Les éléments cellulaires sélectionnés sont ensuite découpés sur commande du faisceau laser. En réglant l'énergie et la focalisation du laser, celui-ci va dans un premier temps découper la région sélectionnée. Dans un deuxième temps le laser catapulte la zone découpée vers le capuchon d'un tube positionné à quelques millimètres à l'aplomb des cellules à récupérer (Figure 1 ou 2) Nous obtenons ainsi la ou les cellules d'intérêt dans un tube qui seront ultérieurement analysées en biologie moléculaire et/ou biochimie.
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FBN
Les UV libérés par le laser n'altèrent-ils pas les biomolécules à proximité de la découpe ?
Marlène Maitre
Il faut rappeler que les altérations des biomolécules liées aux rayonnements lumineux apparaissent autour de longueur d'onde de 200nm-290nm (UV-C). Le laser de notre système a une longueur d'onde de 355nm. Un tel faisceau laser UV permet donc de travailler sur des tissus ou des cellules vivantes et de ne pas générer des artefacts de l'ADN, de l'ARN ou des protéines sélectionnés.
FBN
Quelles sont les champs d'applications de la microdissection laser ?
Marlène Maitre
La microdissection laser répond à un seul objectif, celui d'enrichir le matériel d'étude en cellules phénotypiques identiques. Il est possible de travailler sur du tissus fixé ou non mais également sur des cellules en culture. La microdissection peut être impliquée dans des domaines aussi variés que la biologie du végétal, du développement ou encore cellulaire. Les applications par la suite peuvent être diverses : analyses du génome, du transcriptome ou du protéome. Le champ d'application est donc très large.
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Quelles sont les contraintes de la microdissection laser ?
Marlène Maitre
Il existe 2 types de contraintes, en amont et en aval de la microdissection.
Les contraintes en aval sont liées au type cellulaire lui-même mais surtout à la préparation des échantillons. Le prélèvement du tissu, la conservation et la coloration (colorations standards, marquages immunohistochimiques, voire immunofluorescence) du tissu sont des éléments qui doivent être testés auparavant. Il faut utiliser des techniques rapides en limitant les étapes pour éviter la dégradation des biomolécules sur lesquelles les analyses vont porter. La microdissection de la zone d'intérêt doit donc répondre à une double exigence : obtenir une qualité et une quantité suffisante de matériel pour des analyses moléculaires en aval.
En particulier pour la protéomique pour laquelle il n'y a pas d'amplification possible, il est essentiel d'avoir suffisamment de matériel pour réaliser les analyses. Il est donc nécessaire de développer des procédés spécifiques (comme nous l'avons fait dans cet article) pour l'analyse d'échantillons issus de la microdissection.
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Marlène Maitre, qui peut accéder à cette plateforme et quels en sont les tarifs ?
C'est gratuit pour les utilisateurs du Neurocentre . Nous proposons un service clé en main et prenons en charge le tissus à microdisséquer jusqu'à l'extraction des biomolécules d'intérêt (ARN, protéines, ADN). En collaboration avec les autres plateformes, l'analyse des biomolécules peu également être faite (PCR).
Pour les extérieurs, il existe 2 types de service payant : Le service clé en main également ou bien une formation sur l'appareil puis un accès à celui ci. La tarification est à l'heure d'utilisation. Les tarifs sont variables suivant le laboratoire.(de 30€ à 50€). Nous avons des tarifs SFR neuro/Bordeaux2, un tarif labo public non Bdx2 et SFR, et un tarif labo privé Aquitaine et hors Aquitaine.
Dans la plus part des projets nous fonctionnons par devis personnalisé après définition du besoin. Dans tout les cas, j'accompagne les utilisateurs.
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